Les VERS d'OR

DE /I\ PYTHAGORE 

(-570 -480)  

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Rends aux Dieux Immortels, avant toute autre chose,

le culte habituel, établi par la Loi.

Respecte le serment, et les nobles héros.

Honore les défunts; pratique en leur faveur tous les rites libérateurs.

Vénère également et ton père et ta mère et tes proches parents.

Choisis parmi les hommes, et fais-en ton ami,

Celui que tu verras briller par sa vertu.

Cède à ses doux conseils, inspire-toi de lui.

Ne lui en veux jamais pour quelque tort léger, si tu le peux du moins,

Car la fatalité peut parfois modifier la volonté des hommes.

Sache que c'est ainsi.  Attache-toi pourtant à dominer ceci:

Ton appétit d'abord, et ton sommeil ensuite,

Les vains désirs des sens, le feu de la colère.

Ne fais jamais le mal avec d'autres ou tout seul.

Veille à ceci surtout: respecte-toi toi-même.

En tes actes sois juste, ainsi qu'en les paroles.

Ne pose aucune action, sans avoir réfléchi.

Souviens-toi que la mort est pour chacun de nous l'inexorable loi.

Quant aux biens d'ici-bas, que, d'un visage égal,

tu saches tour à tour les gagner ou les perdre.

Et quant aux maux qu'apporte avec lui le destin,

Subis-les sans gémir, pour la part qu'il t'en donne;

Tente d'en adoucir les traits tant qu'il se peut.

Sache encore ceci: souvent les plus grands maux sont épargnés aux sages.

Bien des discours divers, soit vils, soit vertueux, viennent frapper les hommes.

Ne les accepte pas avec empressement;

Ne les rejette pas non plus à la légère.

Si l'on te ment, supporte-le avec douceur.

Ecoute mon conseil, et suis-le sans faiblesse:

Que nul, par ses propos ou ses agissements,

Ne te pousse à oeuvrer contre ta volonté.

Réfléchis bien avant de te déterminer;

C'est le propre d'un fou de faire des folies;

Ne fais donc jamais rien que tu regretterais.

Ce que tu ne sais pas, ne prétends pas le faire.

Apprends plutôt ce qu'il est bon que tu connaisses;

si tu suis ces conseils, heureux seront tes jours.

La santé de ton corps requerra tous tes soins;

Qu'il ait les aliments qu'il faut, et l'exercice,

avec juste mesure pour ne pas l'affaiblir;

Par mesure, j'entends ce qui ne te nuit point.

Vis simplement, modestement et sans mollesse,

Evite ce qui peut t'environner d'envie,

Et ne te livre pas à de folles dépenses,

comme le font souvent les ignorants du beau.

Ne tombe pas non plus dans l'affreuse avarice.

Adopte, en toute chose, un milieu juste et bon.

Fais ce qui ne nuit pas, et pèse avant d'agir.

Sache qu'à ton réveil, l'urgente chose à faire

C'est de dresser le plan de tes actes futurs.

Le soir, que le sommeil ne ferme tes paupières

Avant que ta raison n'ait pesé, longuement,

tous les actes posés par toi pendant le jour.

Dis-toi: "Ai-je commis une erreur ? Qu'ai-je fait ?

Ou bien n'ai-je pas fait ce qu'il me fallait faire ?"

Revois ainsi tes actes, à partir du premier.

Si tu as fait le mal, sache t'en repentir.

Si tu as fait le bien, sache t'en réjouir.

Oui, tel sera le but constant de tes efforts.

Observe ces conseils.  Fais-le avec amour;

Aux divines vertus, te conduire ils pourront.

J'en jure par Celui qui transmit à notre âme la Tétrade sacrée,

Source d'éternité de toute la Nature.

Mais avant d'accomplir ta tâche,

il te faudra prier les Dieux de compléter ton oeuvre commencée.

Quand tu seras formé à cet usage,

Tu sauras les secrets, tant des Dieux immortels, que des hommes mortels.

Tu sauras ce qui lie ou sépare les êtres.

Et pour autant que l'homme ait le droit de savoir,

tu verras que partout la Nature est la même;

Ton cœur de vains désirs ne se repaîtra plus.

Tu verras que les maux qui éprouvent les hommes,

ont été par eux seuls librement choisis.

Car ces infortunés ignorent le bonheur, qui auprès d'eux se trouve ;

ils se bouchent les oreilles et se ferment les yeux.

Peu savent échapper au malheur qui les guette,

tant la fatalité aveugle leur esprit; ballottés en tous sens,

Ils errent ça et là comme des bois flottants, dans des maux infinis.

L'affligeante Discorde partout les accompagne et les mène au malheur,

sans qu'ils puissent la voir.

Ecarte-la de toi, fuis-la avec horreur.

ô Zeus ( Dis Ater ), Toi, notre Père, Tu leur épargnerais,

si tu le voulais bien, les maux qui les éprouvent,

Si Tu leur découvrais le secret de leur âme.

Prends courage, mon fils, car divine est ta race;

La Nature sacrée te fera progresser,

en te communiquant le fond de toutes choses.

En te le découvrant, elle te permettra d'appliquer les leçons

de ce que j'ai prescrit;

Tu porteras remède aux maux de l'existence,

et ton âme des souffrances tu délivreras.

Abstiens-toi cependant de certains aliments, dont nous avons parlé,

Et qu'il faut éviter pour purifier son âme

et pour lui assurer son affranchissement.

Ne fais rien sans Raison; confie à Celle-ci les rênes de ton âme.

Et quand enfin, laissant ici ton corps;

quand dans le libre éther tu prendras ton envol,

Affranchi à jamais des griffes de la mort,

au sein des Immortels, un Dieu toi-même tu seras devenu.

 

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