Histoire vraie de Robert des Combrailles

 

Pays des Combrailles est le nom de la moyenne montagne riomoise, au nord-ouest de l’Arvernie. Ses riantes vallées sont abreuvées, entre autres, par la Sioule, la Morge et l’Allier. Le nom de cette pittoresque région vient du gaulois Comba Brahia, Vallée des Braies. C’est à dire des pantalons de nos fiers anciens. Il est vrai que de tous temps ce vêtement a toujours été mieux adapté que la toge romaine au rude climat qui y sévit souvent l’hiver. Dans certains cantons, les habitants s’appellent toujours des « brayauds » en référence à ce détail.

C’est au cœur de cet attachant pays que vit Robert, au creux d’une vallée ronde qui a donné son nom au village. De longue date, Robert est un ami de la Nature. Un ami ? Que dis-je ? Plutôt un amoureux ! Robert aime contempler les étoiles, cueillir les champignons, écouter le vent murmurer dans les branches, chanter les oiseaux. Et de plus, Robert communique avec les arbres ! Il les connaît si bien !

        Certains, qui se croient très délurés, clignent de l’œil d’un air entendu quand ils le voient au pied d’un de ses géants, d’autres, sont même un peu moqueurs, voire désobligeants : « Communiquer avec des arbres, ben voyons ! Pense donc ! Manquerait plus que les arbres lui répondent ! Pauvre Robert ! Et qu’ils l’appellent, en plus !» Et ils en ont la gorge chaude à force de rire.

        Mais Robert n’en a cure. Avec sa bicyclette, il continue de faire la tournée de ses amis feuillus des Combrailles. Il est plus heureux en leur compagnie qu’avec celle de bien des hommes. Jusqu’à ce jour où Robert ponctue la conversation qu’il tient avec quelques personnes d’un : «M….  ! Ils coupent mon frêne !» . Qui laisse l’assistance pantoise.

        Sans autre explication, Robert enfourche aussitôt son vélo. Il pédale promptement quelques kilomètres. Les copains, assez inquiets, et surtout moins sportifs, le suivent en automobile. Quand ils le voient mettre pied à terre, ils doivent bien alors se rendre à l’évidence :

        Devant eux gît bien un immense frêne qu’éssartent des paysans …

 

L.S /I\

 

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